Spécial confinement : Séance virtuelle #3 lecture de rivière

Un kayakiste averti en vaut deux

Pour cette troisième séance de canoë-kayak virtuel, nos moniteurs Thibault et Élodie nous ont initié à la lecture d’une rivière. Autour d’une maquette plus vraie que nature, nous avons pu nous familiariser avec les bons réflexes que tout bon kayakiste se doit de maîtriser pour en éviter les pièges. La beauté d’une rivière ne doit pas faire oublier qu’elle peut recéler une multitude de dangers, dont certains sont mortels.

Une eau des plus bleues et une sécurité à toute épreuve malgré quelques difficultés que nos pagayeurs virtuels on évité

Rappels de vocabulaire

Voici quelques rappels de vocabulaire sur l’orientation du kayak. Le mouvement de roulis qui consiste à pencher le kayak vers la droite ou la gauche s’appelle la gîte. L’orientation du kayak pour le faire pointer dans une direction donnée s’appelle l’incidence. Le mouvement du kayak vers le haut (pour le cabrer) ou vers le bas s’appelle l’assiette.

Rappels sur les gestes en rivière

Voici les principaux gestes que les kayakistes utilisent pour communiquer. En effet, le bruit de l’eau empêche généralement de se parler sur une rivière. Le poing sur la tête permet de demander aux autres s’il sont prêts à repartir. Les coéquipiers répondent que oui en reproduisant le même geste. Comme dans une cordée, chaque kayakiste vérifie que les suivants ont compris le message et sont prêts à repartir. Pour indiquer une incidence à droite, on touche son nez avec la main droite puis on tend le bras droit vers la droite. Pour demander de serrer à droite, on pousse vers la droite avec la main droite tenue verticalement. Pour demander un stop à droite, on lève le poing droit avec le bras semi-fléchi. Pour demander un arrêt immédiat, on croise les bras devant soi. Chaque groupe de kayakiste aura probablement ses propres signes. Il est toujours bon de les rappeler avant de naviguer

Abordons maintenant les principaux dangers d’une rivière.

Les arbres

Des troncs d’arbre peuvent barrer la rivière et obliger à effectuer un portage. Mais danger à ne pas négliger est représenté par les arbres qui bordent la rivière : le kayakiste imprudent qui s’en approche peut facilement s’accrocher dans les branches et se retrouver coincé en présence de courant.

Qu’ils soient debout, couché, bien vivant sur la rive ou morts dans un virage, l’arbre est un ami dont on se passe sur la rivière

Les rochers

Un rocher forme un obstacle au milieu de la rivière que le kayakiste peut percuter. Il est important de regarder loin devant soi pour repérer la présence de rochers et ne pas se faire surprendre. Le kayakiste veillera à contourner le rocher, si nécessaire en donnant quelques coups de pagaie à son approche. Si le kayak percute le rocher, il risque d’être bloqué contre lui sous la pression du courant : c’est ce que l’on appelle une cravate. Le réflexe du débutant est de gîter à l’opposé du rocher. Cette erreur classique entraîne immanquablement un dessalage car le courant vient pousser le bord du kayak. Le bon réflexe est de se pencher vers le rocher (d’où l’expression « bisou caillou ») pour gîter en direction de l’amont de la rivière et éviter tout dessalage. Le kayakiste pourra alors contourner le rocher en prenant appui sur lui en toute sécurité.

Un kayak peut également se coincer entre deux rochers : on parle de double cravate. La double cravate peut être dangereuse en cas de retournement du bateau.

Quelle belle démonstration de la cravate dans tous ses états par cette pagayeuse loisir (et sans pagaie) !

Par ailleurs, si le courant passe par-dessus un rocher, il peut se former un trou juste après le rocher. Dans ce trou, un tourbillon peut bloquer le kayak en l’aspirant (formant un rappel).

Les chutes

L’un des pires dangers d’une chute d’eau est le rappel. Un rappel est un mouvement d’eau en forme de rouleau, que l’on rencontre en bas de la chute. À la surface de l’eau, ce rouleau fait remonter l’eau en direction de la chute. Ce piège est potentiellement mortel car il peut aspirer le kayakiste qui ne devra son salut qu’à ses coéquipiers équipés d’une corde de sécurité. Un rappel peut se former derrière n’importe quelle chute d’eau, quelle que soit sa hauteur. C’est pourquoi il est important de bien repérer le parcours, si nécessaire en débarquant du kayak pour observer la rivière après la chute d’eau. En cas de doute, un morceau de bois lancé dans l’eau en bas de la chute permettra d’aider à la décision mais en cas de doute : On porte ! Un fer à cheval, c’est-à-dire une chute encadrée de en arc de cercle s’accompagne très souvent d’un rappel.

Pour sortir du rappel, le mieux est d’aller vers l’extérieur mais attention à l’arbre ! la sécurité devrait intervenir avec une corde…

Si le kayakiste souhaite faire un stop à droite juste après une chute d’eau pour profiter d’un contre-courant, il doit anticiper et orienter l’incidence de son kayak à droite avant la chute.

Sur les rivières de classe IV (ou les passages IV) où l’on ne navigue pas à vue, il est pas toujours possile de voir le bas de la chute. Des rochers peuvent se trouver en bas de la chute et rendre l’atterrissage bien douloureux. Si le bas de la chute n’est pas visible depuis l’amont, il est nécessaire de débarquer pour effectuer un repérage à pied.

Le drossage

Lorsque la rivière décrit un virage, le courant principal pousse le kayak en direction de la berge extérieure au virage. Sur la berge extérieure, l’eau peut avoir creusé la roche, occasionnant un dorssage syphonant, où des branches d’arbres peuvent s’accumuler. Si le kayakiste se laisse pousser vers la berge extérieure, il risque de s’y coincer et d’avoir besoin de l’aide de ses camarades : c’est ce qu’on appelle un drossage. Pour éviter ce genre d’incident, le kayakiste doit anticiper le danger et orienter son bateau en direction de l’intérieur du virage. Si la rivière tourne à droite, l’incidence du kayak doit donc être orientée vers la droite en amont du virage.

Dans le virage, un gros drossage à ce niveau d’eau là entraîne un risque de roche siphonnante avec en plus des branches bloquées à l’intérieur. Heureusement que la sécurité assure et se prépare à intervenir…

Les siphons

Parfois, l’eau s’engouffre sous un rocher ou un tronc d’arbre. L’avant du kayak a éventuellement la place de passer, mais pas le kayakiste. Ce piège mortel s’appelle un siphon. Il est difficile d’en sortir en raison du courant et le kayakiste l’évitera à tout prix. Des kayakistes chevronnés aurait vu d’énormes siphons sur une rivière au Pérou…

Là, c’est trop dangereux pour que notre pagayeuse fasse une démonstration mais on comprend le principe

Les grilles

La rivière est parfois parsemée de plusieurs rochers peu espacés les uns des autres. On parle alors de grille. Ce filtre à kayak est très efficace pour provoquer cravates et doubles cravates. Le kayakiste devra slalomer entre les cailloux pour traverser la grille sans encombre.

Le froid

Le froid est un danger à ne pas négliger. En cas de sortie de kayak après un dessalage, tout kayakiste doit veiller à sortir de l’eau dès que possible pour se mettre au sec. Une tenue de kayak adaptée permet de limiter le risque d’hypothermie.

Les rapides

Un rapide se caractérise souvent par la présence de nombreux rochers. Les plus gros rochers peuvent gêner la visibilité. Il ne faut jamais s’engager dans un rapide sans avoir vu sa sortie, ce qui n’est pas toujours facile depuis un kayak à la surface de l’eau. Il peut être nécessaire de débarquer pour observer la fin des rapides.

Le niveau d’engagement

Plus le niveau d’engagement d’une rivière est élevé, plus elle est isolée. Le niveau d’engagement est faible si une route se trouve à proximité : il est alors aisé d’interrompre la sortie et de demander de l’aide. Le niveau d’engagement du Rio Apurimac, au Pérou, est particulièrement élevé…

La route est toute proche et l’équipe peut s’arrêter à tout moment. D’ailleurs, c’est l’arrivée, on voit la remorque..

Les dangers inhérents à la descente d’une rivière ne doivent pas nous empêcher de vivre notre passion. Les kayakistes ne courent presque aucun risque, à condition de sortir en groupe, sur une rivière adaptée à leur niveau, en faisant des stops aussi souvent que nécessaire (voire du portage) et en assurant la sécurité des passages les plus délicats. 

Les pagayeurs virtuels :

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